Depuis quelques semaines, plusieurs mesures sont avancées, en préparation du Sommet du 18 janvier, pour tenter de stopper la dégradation de l’emploi et relancer notre économie. Parmi les mesures les plus décriées : la TVA sociale et les accords dits de « compétitivité ».
Que penser de la TVA « sociale » qui consisterait à alléger la part patronale des cotisations sociales ? Pour la CFTC, ce projet (en l’état des propositions) ne peut fonctionner qu’à une seule condition : les entreprises doivent répercuter les allègements consentis sur des prix de vente, revus à la baisse. De manière à compenser la hausse de la TVA, corollaire de la mesure.
Or, l’expérience tentée dans la restauration en 2004, par exemple, montre qu’il en résulte, au contraire, une augmentation des prix, et donc une baisse du pouvoir d’achat, pénalisant les ménages aux faibles revenus (en particulier si les points de TVA s’appliquent à des produits de première nécessité), une contraction de la consommation, et… une augmentation du chômage !
Pour qu’une telle mesure soit efficace et « socialement acceptable », il faudrait, selon la CFTC, diminuer non pas la part patronale, mais la part salariale des cotisations sociales, pour aboutir à une augmentation du pouvoir d’achat et une amélioration de l’emploi. Pour la CFTC, d’autres pistes peuvent aussi être envisagées, comme l’élargissement de l’assiette des cotisations.
Deuxième mesure très décriée : la mise en place, comme en Allemagne, d’accords dits de « compétitivité », encore appelés « emploi contre salaire ». La CFTC n’y est pas favorable, car ces accords consistent à demander des sacrifices aux salariés (en termes de rémunération, temps de travail)… faisant contre mauvaise fortune bon cœur. Sans aucune compensation, hormis peut-être celle de conserver leur emploi, et encore… on se souvient des promesses de certaines entreprises faites à leurs salariés et qui n’ont pas été tenues.